Comment retenir et valoriser ce que l’on lit dans un monde saturé d’information ? Glasp tente d’y répondre en transformant chaque lecteur en passeur de savoir. C’est l’idée fondatrice de Glasp, un outil japonais-américain, né à San Francisco, conçu par Kei Watanabe et Kazuki, deux anciens de Google. J’ai eu la chance d’échanger avec Kei Watanabe sur la genèse, la mission et la technologie derrière Glasp, un outil aux ambitions bien plus grandes qu’un simple outil de bookmarking.

Kei Watanabe, Glasp cofounder
Kei Watanabe, co fondateur de Glasp

Garder une trace de l’information collectée au gré de nos navigations sur le web ou de nos lectures est la principale difficulté du « knowledge worker » ou du simple lecteur compulsif. Comme beaucoup, je teste et utilise beaucoup d’outils, Obsidian, Notion, Evernote, Pocket entre nombreux autres dispositifs plus ou moins concluants.

Au hasard de mes recherches, je suis un jour tombé sur Glasp. A ses débuts, l’outil sous forme de plugin web, se présentait comme un surligneur de texte pour page web. Une fois surligné, vous retrouviez vos contenus sur une page à votre compte avec la possibilité de mettre un ou plusieurs tags et des commentaires associés. Une approche classique de répertoire par taxonomie. Mieux, vous pouviez consulter les pages d’autres utilisateurs par centre d’intérêt et profiter de leur contenu. La base de la mission de Glasp fondée sur « l’avenir de la connaissance et l’apprentissage social par le partage. »

Au fil de l’eau, l’application s’est enrichie : notes Kindle, résumé de vidéos youtube par IA, recommandation de livres en fonction de votre profil de lecture ou de personnalité (jetez un œil sur les recommandations de Sam Altman) et même votre « clone AI », un agent GPT fondé sur votre base de connaissance.

Vous l’aurez compris, Glasp se veut bien au-delà d’un simple outil de bookmarking. Ce qui tient en partie à son histoire.

Glasp : Une prise de conscience née d’un accident

Comme le raconte Kei, Kazuki, l’un des cofondateurs, a frôlé la mort à 20 ans suite à une hémorragie cérébrale. À ce moment charnière, une conviction est née : “Je ne peux pas quitter ce monde sans avoir transmis ce que j’ai appris.”
A partir de cette crise existentielle, l’idée de Glasp a germé : une plateforme de circulation de la connaissance. “Pour nous, Glasp n’est pas un simple surligneur ou un gestionnaire de documents, c’est un réseau social de l’apprentissage”. Une mission qui lui vaudra son nom : GLASP pour « Greatest Legacy Collected as Shared Proof ». « Nous avons envisagé un outil qui aide non seulement les individus à saisir ce qu’ils apprennent, mais qui leur permet également de voir ce que les autres trouvent précieux. Un outil qui permet une découverte fortuite et des conversations significatives autour des idées. » Une sorte de sérendipité intellectuelle qui sera le fondement de l’application.

Du club de lecture à l’outil technologique

Pour la petite histoire, avant GLASP, Glasp et Kazuki participaient à un club de lecture avec d’autres entrepreneurs japonais à San Francisco. Ensemble, ils décortiquaient les autobiographies de personnes ayant traversé des moments de doute, de chute ou de transformation.

Une question les obsédait :

“Pourquoi répète-t-on les mêmes erreurs, alors que tant d’autres ont déjà trouvé les réponses ?”

La réponse ? Parce que les connaissances restent enfermées dans les esprits. (la psychanalyse et la psychologie donne une autre réponse, mais ce n’est pas le lieu d’en disserter :))

 

Peu de gens prennent le temps de documenter ce qu’ils apprennent. Pire : quand une personne disparaît, son savoir meurt avec elle. De là à dire qu’ils se sont inspirés de la fameuse citation d’Amadou Hampaté-Bâ, « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », il n’y a qu’un pas. Il y aurait sans doute une comparaison à faire entre la tradition orale en Afrique à l’origine de cette citation et paradoxalement l’éphémère de la mémoire numérique, disponible en permanence, mais difficile à intégrer et à stocker.

Le problème, c’est que les connaissances sont rarement partagées : “Les gens n’écrivent pas, ne publient pas, ne filment pas de vidéos pour transmettre ce qu’ils ont appris. Et quand une personne meurt, toute sa connaissance meurt avec elle”, constate Kai qui poursuit, « C’est ce que nous avons voulu résoudre avec Glasp :  créer une sorte de réseau social où les gens peuvent surligner, organiser et partager ce qu’ils apprennent dans des documents (comme des PDF), et créer un profil consultable par d’autres. »

Dont acte. Je ne saurai trop vous conseiller d’aller jeter un œil sur Glasp et entrer dans le club de la connaissance partagée.

Glasp : un outil pour ne plus perdre l’essentiel

Glasp permet de :

• Surligner et organiser ses lectures (PDF, pages web, etc.)
• Partager son profil et ses apprentissages avec d’autres
• Créer et discuter avec son “clone AI” personnalisé basé sur vos propres lectures et annotations
• Consulter son “Learning Memory”, une sorte d’historique intelligent de ce qu’on apprend

C’est une plateforme conversationnelle et évolutive, où chaque utilisateur peut interagir avec sa propre mémoire… ou celle des autres. D’ailleurs, si une citation vous plait, il vous suffit de cliquer sur les guillemets (clic droit une fois l’extension activée) et vous avez une citation mise en page pour partager sur les réseaux sociaux (voir capture ci-dessous). Idéal pour les influenceurs inspirationnels 🙂

 

Un clic droit et une réponse Linkedin se transforme en citation à partager
Un clic droit et une réponse Linkedin se transforme en citation à partager

La tech sous le capot

• GPT (OpenAI) pour l’IA conversationnelle
• Google Firebase pour l’hébergement
• Pinecone pour les bases vectorielles (embeddings)
• Et un modèle économique par abonnement, avec déjà plusieurs milliers d’utilisateurs payants.

L’équipe reste ultra-lean : les deux cofondateurs, épaulés par trois développeurs freelances au Japon.

Le tuto Glasp

 

youtube placeholder image

A qui s’adresse Glasp ?

Glasp s’adresse à tous ceux qui :

• lisent beaucoup,
• aiment apprendre et structurer leur pensée,
• veulent capitaliser sur leurs lectures dans le temps.

Chercheurs, étudiants, développeurs, auteurs, entrepreneurs ou simplement curieux compulsifs y trouveront leur compte.

A ce jour, Glasp revendique plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs et 3M d’abonnés Youtube.

 

Notes personnelles Glasp et NotebookLM, le combo parfait

Fan de notebookLM, coupler sa base de connaissance avec NTBLM semble une bonne idée, comme le montre cette vidéo 🙂

 

youtube placeholder image

 

Un outil parmi mes favoris

La plus-value ? la mémoire contextuelle et la mise en relation entre idées.
Glasp est peut-être la première application à traiter la lecture comme un bien social.
Tu apprends, tu surlignes, tu conserves, et tu repartages.
J’en ai testé beaucoup. Celui-ci sort du lot.

À suivre

Essayez-le : https://useGlasp.com

Le plugin chrome : Glasp Web Highlighter: PDF & Web Highlight – Chrome Web Store

Et si vous voulez me suivre : Fabrice Frossard | Glasp

 

Pour les plus aventureux, un connecteur avec Obsidian existe.


En savoir plus sur Fabrice Frossard

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Trending

Index

En savoir plus sur Fabrice Frossard

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

En savoir plus sur Fabrice Frossard

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture