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Pourquoi Facebook – Meta a chuté en Bourse et menace de quitter l’Europe ? (on n’y croit pas)

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[Pourquoi Meta a dévissé en bourse

 

[Analyse Expresse ] Faute de le lire dans la presse, autant expliquer pourquoi l’action Facebook a sévèrement dévissé le 2 février et perdu 237 milliards de valorisation. La raison tient en un mot : IoS. Contrairement à d’autres plateformes, Google par exemple, le réseau social repose en partie sur la générosité de ses partenaires dans le partage de données. 80% des utilisateurs d’Iphone (ou Ipad) refusent en effet que leurs données de navigation et autres informations soient partagées avec les plateformes. Avec 20% de part de marché, ce sont plusieurs centaines de millions d’utilisateurs qui ne sont plus tracés.

Avec le changement de politique d’Apple – et les évolution des normes européennes -, la capacité du réseau à assurer un ciblage pertinent de ses utilisateurs est revue à la baisse. Couplé à une chute des investissements des entreprises sur Facebook au profit d’autres plateformes, la baisse du chiffre d’affaires, anticipé par Facebook, est sévère.

Que Google n’ait pas été affecté par ces changements de règles s’explique simplement : les requêtes des utilisateurs, leur intention de recherche, permet au moteur de les cibler directement sur leurs requêtes, nul besoin de l’aide d’un tiers pour pousser la bonne publicité, contrairement à Facebook.

On peut aussi pour faire bonne mesure ajouter la concurrence sévère de Tik-Tok dont la croissance se fait au détriment d’Instagram, et ce même si les deux plateformes se dépassent l’une l’autre régulièrement. Avec 1 milliard d’utilisateurs de chaque côté, le cœur des utilisateurs semble plutôt balancer, vers Tik Tok.

Bref, sans être la déroute, la pente de Meta est glissante. Avec son projet de métavers, Zuckerberg entend reprendre la main et surtout bâtir ce qui lui manque cruellement, une plateforme qu’il peut contrôler sans dépendre d’Apple ou de Google ou tout autre acteur fournisseur de données.

L’importance pour Meta/Facebook de la donnée des utilisateurs n’est plus à démontrer, ces récents revers expliquent aussi le pseudo chantage – déjà fait en 2020 à l’occasion de l’annulation du Privacy Shield– de la plateforme envers l’Europe, qui compte tout de même avec plus de 400 millions de personnes, 14% des utilisateurs de Meta. Ici aussi, l’évolution des règles, de part et d’autres de l’Atlantique, pose un problème technique à Facebook pour répondre aux différentes contraintes mises en œuvre par les règlements US et E.U.

Pour ceux qui doutaient que Facebook exploite les données, dans un joyeux foutoir technique…

 

Quand tu retrouves une interview qui peut faire un « à-propos »

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Fabrice Frossard

En faisant un peu de rangement, j’ai retrouvé une interview pour le site Culture RP à propos de Faber Content. En la relisant, je me disais que ce pourrait faire un à-propos pertinent pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur moi :))

Quel est votre parcours et l’ADN et les enjeux de com’ collaborative Faber Content ?

Mon parcours fait partie de ces trajectoires atypiques. Pour être concis, j’ai passé une grande partie de ma carrière dans le journalisme – par hérédité-, en tant que journaliste et photographe pour des magazines culturels, grand public et verticaux, puis rédacteurs en chef ou directeur de rédactions pour des hebdos de l’IT, de l’industrie ou marketing.
Très vite, dans les années 90, je suis passé sur le web, ce qui créait des situations amusantes avec les RP. Quand on nous proposait des infos, en général nous l’avions déjà depuis des semaines, ce qui nous permettait aussi d’être en avance de phase sur l’info.

Parallèlement j’ai beaucoup évangélisé dans les médias et auprès des journalistes pour les convaincre de la nécessité de s’acculturer au web et ses outils et aux nouvelles technologies pour faire évoluer leur métier et modèle. Ce qui m’a amené à intégrer des agences RP comme planner strat orienté digital et enfin créer ma propre structure en m’appuyant sur des collaborateurs de différents univers : journalistes, consultants, veilleurs…

L’ADN de Faber Content, c’est le contenu bien sûr, mais sous tendu par une volonté de transmission, d’explication et de vulgarisation. J’ai appris dans la presse pro à vulgariser des concepts ou des technologies complexes, c’est ce que je tente de faire aujourd’hui pour des entreprises par la mise en œuvre d’une stratégie de marketing de contenu et inbound, mais aussi par des formations. L’enjeu global, c’est de convaincre les entreprises de parler à leur audience, pas d’elles.

Si vous deviez citer LA grande évolution métier ces 10 dernières années, ce serait laquelle et comment cela a-t-il changé votre métier au quotidien ?

La profusion et la facilité d’accès à des technos complexes est sans doute le plus grand changement. Profusion d’outils, de sources, d’informations, de discours, d’interlocuteurs, de rumeurs. Avec Internet la terre est plate et tout est à portée de clic. Ce qui a vraiment changé c’est la gestion de l’abondance qui se traduit de multiples façons, à commencer par une gestion de l’économie de l’attention. Comment faire pour canaliser l’information, cristalliser les discours, maintenir une cohérence dans la gestion de l’image, démêler le vrai du faux, à l’heure où tout s’entrechoque dans un fleuve social permanent ?

Couplé à la profusion, l’autre changement est la facilité d’accès à des outils très puissants à faible coût. C’est quand même hallucinant de se dire que vous pouvez utiliser l’IA de Google (Tensor Flow) quasi gratuitement ou la capacité de calcul d’Amazon pour créer votre startup. Par ailleurs, les logiciels de marketing automation, de CRM ou de veille sont accessibles à des petites entreprises pour un coût réduit.

Au-delà, je n’ai pas l’impression que les fondamentaux du métier aient tant changé. Un bon PR cultive avant tout la relation humaine, un bon storyteller se focalise sur l’émotion, une bonne stratégie digitale s’appuie sur l’émotion, l’empathie, l’humain et un peu de technique.

 

Veille et Intelligence Artificielle: Quel est votre regard sur cette décennie de transformation numérique, pour quelles promesses et pour quel avenir ?

Vaste question. Si l’on se cantonne à la veille, la transformation est absolument magistrale. Face à la profusion d’informations, l’IA est un outil fabuleux pour automatiser la collecte et détecter des signaux faibles. De l’aveu de tous les veilleurs, il manque encore une couche d’extraction et de synthèse intelligente de cette collecte. Avec l’avancée du traitement automatisé du langage (symbolique plus machine learning) cela devrait émerger sous peu. De manière plus générale sur la transformation numérique, je constate depuis plus de vingt ans que c’est essentiellement une transformation culturelle qui est, et doit être à l’œuvre. Les technoprophètes adeptes du solutionnisme ou les positivistes forcenés sont à côté de la plaque. Rien ne change tant que l’humain n’est pas prêt à accepter ce changement et à modifier son état d’esprit pour s’adapter à ce nouvel environnement. Sinon, soit vous imposez le changement de manière coercitive comme le fait Uber en notant chauffeurs et clients, soit vous laissez chacun modifier sa posture en l’accompagnant et surtout en expliquant ce qu’il se passe, où nous allons, comment nous y allons et les bénéfices pour tout un chacun. A mon sens il y a encore un défaut à la fois d’explication et de vision sur la transformation en cours. L’injonction à apprendre le code, transformer son entreprise en plateforme ou être agile est un médiocre palliatif à l’absence globale de vision, de récit. Le rôle d’une entreprise est avant tout de fournir du sens et une vision, en interne bien sûr sinon rien ne fonctionne et il y a une dissonance – pour mémoire seul 6% des collaborateurs se disent engagés -, mais aussi en externe. Les résistances à cette transformation sont aussi sans doute dû à un manque de grand récit, et ce manque est aujourd’hui comblé par les GAFA.

Quel regard avez-vous aujourd’hui sur le Paid l’Owned et le Earned Media ?

Avec la profusion d’informations, le modèle PESO devient de plus en complexe à arbitrer. Il y a quelques mois, j’aurai affirmé sans ciller que le owned suffit pour bénéficier d’un earned de qualité. Aujourd’hui, capter l’attention demande avant tout d’être visible et le Paid, bien utilisé, est un allié et un renfort précieux pour cela. Les actions des RP restent indispensables pour amplifier les messages et bâtir une présence cohérente, tout comme les influenceurs qui sont des accélérateurs de visibilité. Ce que nous constatons au sein de la brigade du web (un collectif de twittos) quand nous intervenons sur un évènement. Au cœur, le owned doit être soutenu par une bonne stratégie de contenu, garante de la cohérence sur un temps long. Mais la plupart des entreprises confondent souvent le temps technique du web avec le temps réel du public et de l’audience. Depuis le début du web, la perception des temporalités génère un malentendu absolu.

Au final, Une audience acquise et fidélisée sera toujours plus pertinente qu’une visibilité payée et éphémère.

 

Vous aviez publié avec le CMIT en 2017 un livre blanc sur les grandes tendances de contenu en BtoB. Deux ans après, les grandes tendances sont toujours les mêmes et la notion d’engagement est-elle encore d’actualité et si oui pourquoi ?

Merci pour cette mention. D’ailleurs nous relançons l’étude pour l’actualiser. Pour les tendances, ce sont peu ou prou les mêmes avec l’essor exponentiel de la vidéo. Seul bémol, il y a deux ans j’avais mis dans le questionnaire les podcasts auxquels je croyais énormément, mais personne ne semblait sensible à l’émergence de ce format. Aujourd’hui force est de reconnaître que le podcast est une tendance de fond. Qui s’explique facilement, à la fois par l’émergence des assistants vocaux, mais aussi par la relation d’intimité que ce format crée avec l’auditeur et la parenthèse qu’il crée dans une journée.

L’engagement est la valeur cardinale et l’objectif intangible du digital. Que vous soyez une marque, une entreprise, un influenceur, un marketeur, l’objet de la quête est l’engagement, c’est le Graal. L’engagement est un signe à la fois d’intérêt, mais au-delà d’une certaine forme de confiance et de sympathie, voire de reconnaissance. Autant de signes qui feront tendre son émetteur vers une action, ce que nous cherchons tous, faire passer du cognitif ou conatif. Pour le dire pompeusement, c’est bien la fonction perlocutoire ou performative que l’on cherche à activer en utilisant le contenu et les leviers d’acquisition digitaux. Donc un engagement.

 

Le contenu est-il toujours une expression contractuelle de la cohérence de marque ?

Plus que jamais ! Et le besoin de cohérence n’a jamais été aussi fort qu’aujourd’hui ou la fragmentation des plateformes, formats, audience est exponentielle.

En termes de contenu quels sont les 7 tendances du Social Media pour 2019 ?

Sans être original, c’est avant tout l’essor des « stories » bien sûr. Quel que soit le canal. Aucune raison pour que l’essor de la vidéo s’arrête, mais sans doute avec plus de place laissée au live, ce qui rejoint la tendance des stories et induit la vidéo verticale. Ajoutons une couche d’interactivité aux vidéos et nous aurons sans doute fait le tour sur ce format. L’essor du podcast en direct embarqué nativement sur Twitter à l’instar de ce que fait l’excellent PPC. Tous ces éléments convergent et sont les signes d’une tendance à laquelle je crois profondément : le retour vers l’approche sociale e du réseau. Soit beaucoup plus d’attention et d’intentions portées envers son audience, plus d’interactions. Nous évoquions l’engagement, il faut être réellement attentif à son audience et favoriser le partage et la sympathie pour créer les conditions de l’engagement. Il faut aimer son audience, vraiment.

 

Quels sont vos indicateurs référents que vous utilisez sur les médias sociaux ?

Plus que les métriques du social media (toujours les mêmes : reach, impressions, rts, likes…) la mesure des interactions entre les réseaux sociaux et le site de destination me semble plus pertinente. Cela permet d’évaluer la capacité à fédérer une audience depuis les réseaux sociaux et sa canalisation vers un site ou une page de destination. De là, il est intéressant de mesurer la performance par des métriques telles que le temps passé, la profondeur de scroll, le temps de lecture, les conversions et effectuer une segmentation avec les visiteurs venus directement pour évaluer le delta…En un mot, mesurer la capacité à susciter un réel engagement sur le contenu et les conversions associées à l’animation sur les réseaux sociaux.

 

Le domaine du marketing d’influence est aussi large que le web lui-même ! Face à l’hégémonie des Gafa, aux fakes news, aujourd’hui les deep fakes, de la parole des Youtubeurs, Instagrameurs et Twittos quels positionnements doivent avoir les journalistes pour rester audible, authentique ?

Faire leur boulot ! J’adore cette citation, « Être journaliste, c’est expliquer aux autres ce que l’on ne comprend pas soi-même ». J’ai mis beaucoup de temps à réellement comprendre cette citation, mais c’est exactement cela et il faut beaucoup d’humilité pour l’admettre. Sur ce coup, je ne vais pas me faire des amis, mais je vois trop de journalistes perdre ce qui fait tout l’attrait de ce métier : observer, comprendre et transmettre. Faire ce métier, c’est être curieux, curieux de l’autre, curieux du monde, et se demander en permanence pourquoi. Face aux infox, l’idée n’est pas de les démonter en permanence, c’est contre-productif, mais plutôt je pense à être plus pugnace sur l’info, plus profond et surtout la rendre intelligible à tous en évitant les biais idéologiques. Les fake-news surfent sur une anxiété globale envers un monde de plus en complexe, paradoxalement elles ont une fonction de réassurance en fournissant des explications simples au désarroi existentiel que l’on peut ressentir. On revient à la fois sur l’absence de récit global en guise de perspective et un manque d’explication sur les évolutions de l’environnement.

 

 

Ambassadeurs et Avocats de marque : le dernier recours ?

Je reprends ici une tribune écrite pour Talkwalker sur les tendances 2018. L’employee advocacy ou brand advocacy est clairement un mouvement de fond. Après tout le marketing influenceur ou marketing d’influence n’est qu’un autre nom du brand advocacy. Pour compléter rapidement ma tribune, sans grande chance de me tromper, je pense que l’influence marketing va devenir de plus en plus complexe. Des études confirment déjà ce retour de bâton d’une désaffection des internautes pour les posts d’influenceurs un peu trop maladroits. Ce sera l’objet d’un prochain article étayé.

Employee et Brand advocacy : l’éternel retour

Que l’employee advocacy ou le Brand Advocacy se retrouvent dans la liste des tendances 2017-2018 peut sembler étonnant. Après tout, pour le premier dès les années 2005-2007 les grandes entreprises (IBM, Intel, Dell…) avaient déjà incité leurs employés à participer activement aux conversations sur les réseaux sociaux. A l’identique, la notion d’ambassadeur de marque aux racines antédiluviennes trouve de nouveaux avatars depuis le milieu des années 50. Avec l’essor du « brand management » dès les années 60 et plus tardivement avec sa déclinaison de Brand Advocacy remis au gout du jour là aussi en suivant la courbe de développement des réseaux sociaux.

La fin du far-web

Interroger la raison du retour de ces leviers dans les faveurs des communicants et marketeurs amène plusieurs pistes en guise de réponse. Des réponses assez peu agréables, mais symptomatiques de l’évolution du web ces dernières années et des pertes progressives par les marques. Des marques coincées entre le marteau de l’évolution des modèles publicitaires et l’enclume des nouveaux comportements des consommateurs. Avec comme lien entre les deux les évolutions techniques, politiques et monétaires des plateformes, Google, Facebook et Amazon, désormais maîtresses du web et des conditions de visibilité ou non d’une marque. Comme symptômes de ces évolutions, on pourra citer pêle-mêle :

    • Une baisse drastique de l’engagement des internautes sur les plateformes sociales, dont Facebook et le fameux Facebook Apocalypse suite à la refonte de l’algorithme.
      Une difficulté croissante à maintenir de bons taux de conversions sur Adwords
      Un manque de visibilité sur l’inventaire de la publicité programmatique
      Etc.

      Facebook reach 2018
      La baisse du reach continuera, une chute logique pour promouvoir les posts sponsorisés et autres recours à la publicité

      Pour le dire autrement, du côté de l’annonceur, les plateformes demandent pour toucher la bonne audience des efforts techniques et financiers accrus, avec une surcouche de complexité que ne règlera pas ou peu l’intelligence artificielle. Ajoutons du côté du consommateur :

      – Une délinéarisation du « customer journey » et une multiplication des points de contact
      – Le recours par 36 % des internautes à des Adblockers
      – Un désengagement croissant sur les médias sociaux
      – Un recours accru au dark social
      – Une capacité d’attention en chute libre en contrepartie du content shock
      – Une défiance claire vis-à-vis du discours de marque
      – Etc.

      Au regard de ces constats, rajoutons que sans grande surprise 75 % des directeurs marketing s’avouent perdus face aux attentes des consommateurs.

      A l’éclairage de ces faits, le retour de l’employee advocacy et du brand advocacy peut sonner comme une évidence dans l’arsenal marketing. Face à la complexité grandissante et des budgets toujours plus importants, (3,4 milliards pour la pub sur le web en France), le retour à des fondamentaux : le client et le collaborateur a le mérite de la simplicité et, potentiellement de l’efficacité. Alors bien sûr les motivations et les modus operandi sont variés.

      Ambassadeurs et Avocats : diplomatie et défense ?

      Pour faire rapide, la mise en avant des collaborateurs participe de plusieurs finalités : le social selling en B2B ; renforcer le sentiment d’appartenance, renforcer la communication interne et externe, favoriser le recrutement, renforcer le sentiment d’appartenance et in fine renforcer la fidélité du collaborateur (les ambassadeurs d’entreprise sont 20 % plus enclins à rester dans leur entreprise). Autant de raisons pour motiver les collaborateurs à prendre la parole sur les réseaux sociaux et ainsi les valoriser.

      Des raisons renforcées par l’émergence d’un marché d’outils dédiés à l’ambassadorat à l’image de Nukesuite, SociallyMap, Limber, Socciable, Social Dynamite entre beaucoup d’autres, sans compter les outils dédiés au social selling.

      Autant de plateformes dévolues à la fonction de ces programmes ambassadeurs, qui je rappelle toujours l’étymologie est bien celui qui porte un message, là où l’avocat est bien dans une posture de défense et de justification. Notons l’ironie des choix sémantiques. L’entreprise porte un message urbi et orbi via ses collaborateurs là où la marque déploie des « avocats ».
      Elle devrait donc se défendre et recruter de nouvelles parties prenantes pour assurer leur plaidoirie ? Tout d’abord chacun est susceptible de nommer de quoi elle devrait se défendre, mais ce terme est intéressant dans la mesure où cette posture défensive intervient à un moment où le consommateur demande à la marque un nouvel engagement sur des valeurs émergentes : partage, transparence, solidarité, authenticité et plus égoïstement écoute, personnalisation. Autant de valeur dont en creux on peut supposer l’absence jusqu’alors.

      Revenir au Brand Advocacy repose dès lors comme une évidence, tout individu est enclin à faire confiance à son propre réseau (84 % de confiance selon Nielsen), à ses pairs, à des experts, aux avis en ligne (62 % de confiance) et en règle générale à toute personne à qui il prête un crédit affectif ou intellectuel. Et qui in fine peut partager les mêmes valeurs de proche en proche. Rien de neuf depuis les travaux de Katz et Lazarfeld (1955), sinon le déficit de confiance connue par les marques en contrepartie de l’importance de nouvelles valeurs prônées par le consommateur couplée au contre-pouvoir de la recommandation.

      L’engagement avant toute chose, l’écoute et le contenu comme armes absolues

      Dans les deux cas, les marques et entreprises n’auront qu’une obsession : l’engagement.
      Des collaborateurs avec leur audience , et pour la marque du consommateur avec ses produits et son expérience. Mais susciter cet engagement à la fois une démarche technique plus fine reposant sur l’écoute des consommateurs pour dégager des insights pertinents (autre tendance 2018), et dans les deux cas, un contenu lui aussi pertinent donné à ses collaborateurs ou ambassadeurs. Le cercle est vertueux : j’écoute et anticipe les attentes, je crée et fais partager mon contenu par mes ambassadeurs. En dernier lieu, je mets en place les bons KPIs pour mesurer le résultat et j’affine dans un cycle permanent. Et éventuellement j’aligne ma politique RH ou produit au regard des résultats dont le premier d’entre eux : l’engagement. Cette métrique absolue doit être le point de focalisation pour orienter son marketing dont les « ambassadeurs » et les « avocats » sont un des leviers.

      Mais au final, chacun l’aura compris, le vrai sujet est bien ici celui de la transformation numérique de l’entreprise orientée sur le client et son écoute quasi empathique rendue possible par les outils de veille, de collecte et la gestion du big data. L’ambassadorat est né des réseaux sociaux et du Web 2.0 avec la capacité donnée aux clients de s’exprimer qui trouve aujourd’hui son climax. Pour négocier ce nouveau modèle, l’entreprise doit s’engager ou mourir comme je l’écrivais dans un livre blanc dédié au contenu. Un engagement qui dépasse largement le seul contenu qui est lui la cristallisation des valeurs défendues par l’entreprise et signifié par les multiples prises de paroles, directes ou indirectes. C’est sans doute le message à porter. Je vous laisse juge.

 

@fabricefrossard

 

Brandwatch rachète BuzzSumo , alliance de l’intelligence sociale et du contenu

Il y a une convergence des activités de marketing numériques allant de la gestion de la marque à l’optimisation des moteurs de recherche en passant par le marketing de contenu. Will Mc Innes, CMO de Brandwatch

Demandez à n’importe quel content marketer quels sont ses outils de prédilection (son content stack), il y a de fortes chances que BuzzSumo en fasse partie. C’est la plateforme idéale pour détecter les contenus les plus partagés, les backlinks liés à des articles et autre détection d’influenceur. A l’identique, si l’on évoque le social listening et insight de marque, Brandwatch apparaît vite sur la liste des outils incontournables. Pour tout marketer, l’alliance des deux outils relève de l’évidence.

Avec le rachat, annoncé la semaine dernière, de BuzzSumo, Brandwatch pose tranquillement ses pions sur un marché en plein essor où content marketing et social listening fonctionnent de conserve. Si le marketing de contenu est désormais un sujet (presque) mature auprès de marketeurs , ces derniers comprennent aussi que l’écoute permet de dégager des insights opérationnels au-delà de la simple surveillance de l’image.

Mine de rien, depuis sa création en 2005 par Gilles Palmer, Brandwatch parvient à proposer une suite cohérente avec son outil d’écoute, mais aussi de détection d’influenceurs et de publics (BW audiences ) et la visualisation des données avec Vizia 2. Une chaîne de valeur  qui finira à un moment ou à un autre en une plateforme intégrée pour venir marcher sur les brisées des géants du secteur (ADobe Marketing Cloud par exemple). C’est aussi une façon d’acter ou anticiper la convergence du marketing numérique et content marketing et marketing tout court.

Data, écoute, contenu : la trilogie gagnante ?

Il ne faut pas s’y tromper, si Brandwatch est perçu comme un outil d’écoute (ce qu’il est), la direction prise par l’éditeur semble le positionner comme un outil de marketing stratégique, voir de stratégie tout court pour l’entreprise. Une posture marché intelligente alors que le marché de la veille avec une cinquantaine d’éditeurs (voir un comparatif ici) est lui largement saturé.
Au-delà de cette analyse personnelle, le mieux est quand même de demander à Steve Rayson Director de BuzzSumo et Will McInnes le CMO de Brandwatch leur point de vue sur ce rachat et ses perspectives. (Une interview recueillie par email)

Quel est l’intérêt pour Brandwatch de racheter BuzzSumo ?

Will Mc Innes et Steve Rayson : Cette acquisition renforce la position de Brandwatch en tant que spécialiste de la social intelligence avec pour but d’afficher une croissance encore plus forte sur le marché des PME. BuzzSumo et Brandwatch ont des technologiques complémentaires avec pour Brandwatch des solutions d’entreprise pour Brandwatch et pour BuzzSumo des solutions intermédiaires.

BuzzSumo dispose de la base de données la plus complète comptant des contenus partagés sur le web social (avec plusieurs milliards d’articles en effet – nous avons des données de partage social media sur presque tous les articles publiés au cours des cinq dernières années), une grande base de données d’influenceurs et des contenus relatifs à des questions posées sur des centaines de milliers de forums, ainsi qu’un suivi approfondi sur les mentions de marques et sur des sujets publiés sur le web social.

BuzzSumo est principalement connu comme étant un moteur de recherche de tendances. Quelles sont les synergies possibles avec une solution comme Brandwatch Analytics pour le suivi et l’analyse des mentions sur le web social ?
D’innombrables innovations sont possibles pour les entreprises avec l’intégration de la plateforme avancée d’analyse et de veille de contenus de Brandwatch et l’outil de marketing de contenu de BuzzSumo, qui est rapide et facile à utiliser. Soyez attentifs à la suite…

BuzzSumo est largement utilisé par les spécialistes du marketing de contenu. Même question, pour un professionnel du marketing de contenu, quel serait l’intérêt d’utiliser à la fois BuzzSumo et Brandwatch ?

Au sein de toute entreprise, il y a des spécialistes du marketing qui ont besoin de connaître quels sont les sujets les plus importants pour leur cible chaque jour. Ces professionnels commencent leur journée, en recherchant de l’information, en créant du contenu marketing pour créer des opportunités et de l’engagement ; les solutions BuzzSumo répondent à ces besoins. Par ailleurs, dans toute entreprise, on compte des professionnels en marketing qui effectuent un travail de recherche approfondi qui ne concerne pas uniquement le département marketing, mais également les ressources humaines, le développement de produits, le service client et tous les autres départements de l’entreprise. Ce sont des spécialistes de la data qui ont besoin d’utiliser une technologie avancée d’analyse et de suivi des données sociales sur les médias sociaux à l’image de la solution Brandwatch Analytics. Avec cette complémentarité, Brandwatch est capable de fournir de nombreuses solutions pour améliorer l’exploitation des données au sein de toute l’entreprise. BuzzSumo et Brandwatch aident les spécialistes du marketing à répondre aux questions auxquelles ils sont confrontés chaque jour. L’utilisation de leurs solutions apporte aux marques un avantage concurrentiel et une compréhension avancée permettant de créer des workflows et du contenu de meilleure qualité.

Il est difficile d’attirer l’attention de votre audience, et vous ne pouvez le faire que si vous bénéficiez de données avancées et intelligentes.

Brandwatch Analytics

Avec Audiences et Brandwatch Analytics, l’utilisateur peut trouver des influenceurs clés et du contenu partagé. N’y a-t-il pas une sorte de redondance entre Brandwatch et BS ?

BuzzSumo et Brandwatch Audiences ont tous deux des applications précieuses pour les marketeurs de contenu et d’influenceurs. Les deux sont construits sur des bases de données uniques. BuzzSumo a des données de partage social sur presque tous les articles publiés au cours des 5 dernières années et Audiences a des données de réseau sur la façon dont plus de 340 millions d’utilisateurs Twitter actifs sont connectés.
Nous croyons qu’ils se complètent parfaitement. Audiences permet aux spécialistes du marketing de définir et d’étudier tout public cible, puis identifier les influenceurs, le contenu, les médias et les tendances imprévisibles. BuzzSumo leur permet de créer des contenus SEO performants sur n’importe quel sujet et de comparer les performances de leur contenu tout en découvrant les tendances avec rapidité et facilité.

Est-ce que BuzzSumo est un moyen pour brandwatch d’aborder le marché du marketing de contenu, en supposant que Brandwatch ne soit pas utilisé par les spécialistes du marketing de contenu ?

Brandwatch est déjà utilisé par les spécialistes du marketing de contenu, et l’acquisition permet à Brandwatch de fournir aux spécialistes du marketing de contenu tout ce dont ils ont besoin; de la recherche rapide d’insights pour créer du contenu sur les blogs, les médias sociaux et déclencher des opportunités d’engagement avec BuzzSumo en passant par l’analyse des campagnes passées, détecter les tendances à venir et jusqu’à la réalisation de recherches approfondies avec la solution Brandwatch Analytics.

Fusionnerez-vous BuzzSumo et Brandwatch ? Si oui, avec quel objectif ?
À ce stade, les deux marques conservent leurs propres identités et stratégies. Il y aura une intégration technologique, Brandwatch fournira de la data et des ressources à BuzzSumo. Ce partenariat synergique bénéficiera aux deux technologies avec un partage de data science, de développement de produits sont encore à venir.

Comment voyez-vous l’évolution des deux produits ?
Brandwatch et BuzzSumo ont de solides bases de données qui sont complémentaires. En intégrant les données de leurs produits, il y a une opportunité évidente de pouvoir enrichir les produits d’entreprise de Brandwatch et les produits milieu de gamme de BuzzSumo. Il existe également des synergies entre l’infrastructure technique et les fonctions d’analyse des données de leurs produits qui sont à exploiter.

Comment voyez-vous l’évolution de ce type d’outil, la recherche/l’écoute des médias sociaux et du marché ?

Le monde est de plus en plus bruyant avec des millions de nouveaux articles, images, vidéos et publications sociales publiés chaque jour. Ce contenu suscite des milliards d’engagements quotidiens sous la forme de partages, de commentaires et de réactions. La veille, l’analyse et le suivi des données sociales sont primordiaux, mais ce dont les entreprises ont réellement besoin, c’est à la fois de l’intelligence sociale et de l’intelligence du contenu. Par exemple, quel type de contenu correspond à cette audience cible, comment le contenu de la marque a-t-il été amplifié, comment parle-t-on d’une marque sur un média social ou dans un blog, etc.
Il y a une convergence des activités de marketing numériques allant de la gestion de la marque à l’optimisation des moteurs de recherche en passant par le marketing de contenu. Ces activités sont également de plus en plus importantes pour toutes les entreprises, quelles que soient leurs tailles.

Ainsi, nous pouvons nous attendre à une évolution des solutions pour répondre aux exigences des marketeurs d’aujourd’hui, qu’ils travaillent pour une grande marque ou une startup.

 

Nous n’essayons pas de créer une solution cloud tout-en-un comme certains de nos concurrents

 

L’intégration de plus en plus de fonctionnalités est-elle le seul moyen de se développer ?

Nous n’essayons pas de créer une solution cloud tout-en-un comme certains de nos concurrents.Nous poursuivrons notre mission qui est de toujours fournir les technologies les plus avancées sur le marché qui apportent des informations clés et fiables à partir des données sociales. Nous continuerons de nous associer et de nous intégrer à d’autres plates-formes complémentaires de gestion de haut niveau afin de donner à nos clients la flexibilité dont ils ont besoin pour agir.

Brandwatch a un accord avec Twitter, à quoi peut-on s’attendre ?
Au-delà des données Twitter, Brandwatch possède ses propres robots d’indexation qui permettent d’explorer plus de 80 millions de nouveaux sites en ligne par jour. Cela inclut les sites d’information et actualité, de blogs, les forums, Instagram, Facebook, YouTube et d’autres sites web en ligne. Tout ce qui est public sur Facebook. Nous sommes constamment en partenariat avec différentes plateformes sociales à travers le monde, en fait nous avons été la première société d’intelligence sociale à inclure des données de Reddit de manière conforme.

@fabricefrossard

 

Webinar sur le contenu : « engager ou mourir », la suite en live

Webinar Faber Content : marketing de contenu

Dans la foulée du livre blanc réalisé par Faber Content en collaboration avec le CMIT, Jean-Denis Garo, (VP du CMIT) et moi même vous proposons d’aller plus loin sur cette étude et d’échanger lors d’un webinar.
Cette étude a réuni 100 directeurs marketing, et 25 d’entre eux nous livrent de précieux insights sur leur stratégie de contenu. Ce webinar sera l’occasion d’échanger avec  Jean-Denis Garo, fin connaisseur du marketing de contenu et d’aller plus loin sur les leviers pour un marketing de contenu efficace.

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Nous serons très heureux de votre présence, de vos questions, de vos remarques et de vos suggestions.

 A partir des résultats de l’étude récente réalisée par Faber Content pour le CMIT, nous dégagerons les tendances autour du « Content Marketing» et traiterons des préoccupations des marketers B2B en répondant à 7 questions:

  • Quel budget engager ?
  • Internaliser ou externaliser la création de « Content » ?
  • Quels sont les objectifs du « Content » : trafic, lead gen etc.
  • Quel est le format idéal : blog, infographie, vidéo etc. ?
  • Quelle plateforme pour diffuser son « Content » ?
  • Comment susciter l’engagement ?
  • Quels sont les challenges 2017 du « Content Marketing » ?

Pour vous inscrire c’est ici

 

N’oubliez pas de télécharger le livre blanc

Le directeur marketing , un commercial comme un autre en 10 clichés

Le directeur marketing n’échappe pas aux clichés, comme le rappelle l’infographie réalisée par mes amis du CMIT. En passant en revue cette infographie tout y passe. Au-delà des clichés, cette infographie a le mérite de faire le point sur l’évolution du métier de marketeur B2B. Lequel métier subit encore aujourd’hui le tsunami digital et peine à sortir la tête de cette vague.

DSI et CMO : un mariage forcé ou de raison ?

Le premier effet de cette digitalisation est la nouvelle relation souvent forcée, entre la DSI et le CMO. Là où le premier fait face aux multiples contraintes liées à la gouvernance du système d’information, avec à la clé sa cohérence, son intégrité, sa sécurité, le CMO pousse à la roue pour accélérer, avec ou sans lui. Comme le souligne Jean-Denis Garo, directeur marketing de Mitel, « La transformation numérique, et plus encore les impératifs du marché ont poussé la DSI à mieux comprendre les besoins d’immédiateté, de PoC (Proff of Concept) etc. des équipes marketing. Ces dernières se sont aussi profondément transformées, elles sont beaucoup plus scientifiques, analytiques qu’auparavant. Autant d’éléments qui augurent une rapprochement DSI- Marketing. »

Pour l’instant, ce rapprochement est dans la majorité des entreprises un vœu pieux, et le shadow IT règne en maître. A contrario, certaines entreprises plus malines ont bien compris que l’hybridation technique allait aussi de pair avec un rapprochement des deux fonctions, quitte à la médiatiser avec un CDO dans le rôle d’arbitre et de pacificateur. Pour être politiquement correcte, le CDO jouera le rôle de facilitateur. Mais personne n’est dupe…

Comme le souligne Jean-Denis, le CMO doit aussi monter en compétence technique. La poussée du digital amène une galaxie de nouveaux outils (ABM, CRM, DMP, Big Data…), de nouveaux terrains de chasse (le adtech et social selling,l’omnicanal…) et méthodes Data Driven. Autant de domaines qui seront bientôt partiellement automatisées via l’IA (mais c’est un autre sujet).

 

Le directeur marketing : un commercial ou un social seller ?

Dans ce déroulé, la porosité entre marketing et vente n’a jamais été plus faible. In fine, aujourd’hui il semblerait que le principal job du marketeur B2B est d’apporter des leads aux commerciaux, et que finalement, le CMO est un commercial comme un autre comme le note Jean-Denis Garo, « Le marketing adopte de plus en plus les codes des « commerciaux » : vocabulaire, organisation, jusqu’à être mesuré, incentivé sur des critères similaires : générations de leads, transformation de ces leads en opportunités, contribution au funnel etc. Le marketer moderne devient d’ailleurs presque un commercial comme un autre. Alors Oui, la relation marketing-commerce n’est plus celle d’hier ou d’avant-hier. Peut-être que le social selling rendra au marketing son expertise, son leadership dans cette relation, et revalorisera son rôle aux yeux des autres directions métiers. »

Ce glissement et confusion des genres est-elle dommageable à termes pour la fonction marketing ? La question peut être posée. Si le digital à rendu ce métier confus, en transformant le CMO en technicien à leads, en statisticien, cette mue se fait fatalement au détriment d’autres pans du métier. Lesquels ? La réponse a cette question permet de méditer sur l’avenir du métier.

A vos commentaires.

Brandwatch : « Veille sociale :  et si on arrêtait de vendre de la mention ? »

Bertrand Saint Martin
« Sur l’écoute sociale, la réflexion est poussée, mais l’exécution est faible »

Nommé vice-président France lors de l’ouverture des bureaux de Brandwatch en France, Bertrand Saint Martin a réalisé l’essentiel de sa carrière dans l’industrie et en Asie (oui c’est un zeugme). Sa trajectoire professionnelle l’amène à porter un regard original sur le marché de la veille et le rôle de l’information au sein de l’entreprise. Un entretien qui décape.

(disclaimer)Avant toute chose, sachez que Brandwatch fait partie de mes outils de veille préférés. La souplesse des requêtes possibles permet de nettoyer le bruit et de remonter des signaux pertinents via une interface agréable et lisible. Donc, je pars avec un a priori favorable.

Un a priori conforté par Vizia2, une nouvelle plateforme de visualisation de données éditée par Brandwatch. Un dashboard de visualisation du plus bel effet dédié au data-telling ou data storytelling, à vous de choisir. Vizia2 qui est d’ailleurs le prétexte à rencontrer Bertrand Saint Martin.
En tant que nouvel entrant sur ce marché, il est inévitable de lui demander sa note d’étonnement sur le marché de la veille. Et là, ça décoiffe. « La France est un marché puissant et porteur. C’est bien là le premier problème. Les entreprises ont bien compris qu’il était important d’utiliser le social listening, de faire de la veille et, pour certaines marques la réflexion sur le sujet est très poussée. Mais, contrairement aux autres pays, les entreprises françaises éparpillent leurs outils de veille – souvent différents – entre les services, entre les filiales. Résultat, les données recueillies ne sont pas consolidées. Pour le dire autrement, si la réflexion est poussée, l’exécution est faible. A l’inverse, les anglo-saxons déploient de vraies machines de guerre en centralisant les investissements et l’information pour capitaliser sur les best-practices. »

Du social listening au social intelligence marketing

S’ensuit l’exemple de très grandes marques – sous NDA – qui utilisent le social listening comme outil de marketing stratégique, « Cette marque utilise l’écoute des réseaux sociaux pour détecter des signaux faibles sur l’évolution des comportements de consommation alimentaire. En fonction des données recueillies, croisées avec des études de marché, ils n’hésitent pas à produire de nouvelles gammes de produits pour répondre aux tendances détectées. Dans ce cas, les investissements issus de la veille se compte en millions d’euros… » Les personnes affectées aux études traditionnelles (quali/quanti) sont progressivement basculées vers l’analyse du social listening, « avec à la clé 50% d’économie par rapport aux études traditionnelles », précise Bertrand Saint Martin.

Ecouter la respiration sociale

Pour lui, la veille et le social listening bien employés sont des techniques de détection des lignes de force des changements sociétaux, du plus terre à terre au plus profond, une sorte d’étude du Zeitgeist cher à Hegel : « étudier les motivations des consommateurs de tel ou tel produit, l’humeur sociale du moment, les aspirations du citoyen…Ces sujets intéressent de plus en plus les investisseurs soucieux d’anticiper et devrait aussi inciter les politiques à écouter et surtout accompagner les mouvements de fonds en cours. Toutefois, chacun aura compris que la France accuse là aussi un léger retard…

 

Le social listening est un engagement profond : il faut écouter et mettre une gouvernance et des process en place.

Un retard expliqué en partie par une erreur de positionnement des éditeurs selon Bertrand Saint Martin : « nous avons fait des erreurs et n’avons pas réussi à convaincre nos clients de l’importance stratégique liée à l’écoute. Nous vendons des mentions et nous trébuchons sur les scénarios de départ en faisant l’impasse sur les projets stratégiques. La bonne démarche est de se mettre d’accord sur la stratégie et de voir comment l’entreprise peut s’aligner dessus. Par ailleurs, nous avons aussi des compétiteurs qui vendent de jolis dashboard, mais sans aucune portée stratégique. »

dashboard vizia

 

 

 

De l’aéronautique à l’écoute sociale : la modélisation avant toute chose

Par le passé, Bertrand Saint Martin œuvrait à la transformation d’industrie très lourde, en l’occurrence l’aéronautique. Un secteur où le changement des process business et de la culture du management engagent une entreprise sur plus d’une dizaine d’années. Cette transformation passe par une modélisation très poussée en guise de viatique pour accompagner et anticiper les changements.

Un réflexe d’ingénierie transposée au social listening dont l’analyse s’appuie sur des modèles d’échanges, d’influence et de propagation entre autres. Des modèles qui prennent forme avec Vizia, l’outil de visualisation de Brandwatch dont Bertrand Saint Martin est persuadé qu’il peut participer de la transformation d’une entreprise : « au fil du temps je m’aperçois que ce type d’outil permet de contextualiser la donnée et ainsi favoriser son partage et sa compréhension. Souvent des beaux dashboards réalisés avec soin par un analyste parle seulement à ce dernier. Un manager peut interpréter la donnée maladroitement et conduire à des erreurs d’appréciation et donc de mauvaises décisions. Ce qui est typiquement le cas de nombreuses « social room ». Notre ambition est de fournir une visualisation intelligible par tout un chacun afin de casser les silos. Un patron d’une grande entreprise me disait récemment, « je veux modéliser les conversations de machine à café de mes équipes. » Pourquoi cette ambition ? En travaillant sur de la donnée structurée et non structurée, en la croisant, cela permet de faire émerger de l’implicite, de contextualiser et ainsi de favoriser le changement. »

Vous l’aurez compris, pour le vice-président de Brandwatch, le social listening est un enjeu stratégique pour les industriels et les marques, que ce soit en gestion de crise, accompagnement du changement, détection de signal faible ou autre. Pour lui le « retour sur investissement est juste énorme » à condition de bien comprendre que « le social listening est un engagement profond : il faut écouter et mettre une gouvernance et des process en place. » Chassez l’industriel, il revient au galop.

 

fabricefrossard

Kantar : coupler les études pour donner du sens aux conversations sur les réseaux sociaux

Aurélie Bouillot Brand Manager Kantar TNS
Aurélie Bouillot, directrice brand corporate Kantar TNS

A ce jour, Kantar TNS était connu pour ses études fondées sur des panels représentatifs. Digital oblige, l’institut ajoute le Social Media Insight à son portefeuille. L’idée : analyser les conversations sur les réseaux sociaux et le search pour enrichir les études pour les marques. Pour mémoire, 84% des citations de marque ont lieu sur twitter. 

Lors des journées grandes marques de l’EBG, j’ai eu le plaisir d’échanger avec Aurélie sur cette offre. Elle nous en dit plus.

« Le public nous livre spontanément des informations, mais il faut aller la chercher rappelle Aurélie. La part de personne qui prend la parole est en augmentation constante, les canaux se multiplient et se cumulent avec ceux déjà existants. L’univers des réseaux sociaux est riche, complexe et mouvant il est surtout très riche. Si la plupart des entreprises écoutent les réseaux sociaux, il faut passer du listening à l’insight. Ce dernier mot est très utilisé, mais on a oublié comment analyser les conversations et surtout comment faire pour qu’elles aient une vraie valeur. »

Dashboard : l’exclusion de données

De fait, les entreprises se focalisent sur la détection de crise ou sont en quête du dashboard parfait. Avec à la clé une véritable déperdition de données et souvent une vraie difficulté à analyser les discussions pour en retirer des enseignements métiers.

En réponse, l’approche couplant les études classique et insights issus des réseaux sociaux apportent une vraie analyse sur les questions que se posent les marques. « . Il faut exploiter les deux approches : exploiter la spontanéité des réseaux sociaux et la structure des études classiques. Et lorsque l’on nous pose la question de la représentativité des réseaux sociaux notre réponse est toujours la même : ce que l’on capte sur les réseaux sociaux est représentatif des réseaux sociaux. »

Le web est une personne comme une autre

Une réponse pragmatique, tout comme l’approche pratique fondée sur des itérations. « Nous interrogeons le web comme si c’était une personne. Nous posons les capteurs et, une fois les données collectées nous réinsérons la question des clients. Les réponses seront puisées dans le corpus créé. Ces questions peuvent porter sur diverses thématiques : satisfaction client, reconnaissance de la marque etc. », explique Aurélie Bouillod. L’approche peut être qualitative ou quantitative. Avec ces deux bémols : « Sur les réseaux sociaux 70% des conversations sont neutres , ce qui induit une méthodologie précise. D’autre part, il faut abandonner l’idée que l’on peut recomposer une étude classique avec le digital. » La combinaison des deux approches permet d’avoir un garde-fou pour éviter les biais éventuels générés par la seule étude des réseaux sociaux.

Coupler monitoring et étude quali

Donner du sens : tout passe par l’analyse et encore l’analyse

« Au fil de l’eau, nous nous apercevons que ce type d’approche apporte quasiment un côté prédictif et nous apporte de l’information sur ce que nous ne savons pas encore. Par exemple, dans le cas de PomPote, nous avons découvert que le public était assez âgé, mais surtout que le public adolescent était très attaché à la marque.Il la revendique au point d’en faire un mot générique et la faire rentrer dans le vocabulaire. » A contrario, il faut raison garder sur les observations empiriques. A titre d’exemple, dans le cas de la crise connue par Lactalis, la plupart des messages étaient des RTs.

Etude Pompote

L’objectif, et la difficulté, est bien de donner du sens aux conversations et à cette écoute et pour ce faire, « il faut une intention dans l’analyse, poser des questions au corpus de données pour faire naître l’insight. Au final, il n’y a qu’une seule idée conclut Aurélie Bouillot : analyser, analyser, analyser… »

Et surtout, une fois les insights formalisés, activer les enseignements en interagissant avec les personnes concernées en les faisant entrer dans le cycle de création de valeur via la DMP et le CRM de l’entreprise.

@fabricefrossard

Data Driven Marketing : quoi,comment, pourquoi ? le livre pour (vraiment) tout comprendre

Que représente un corrélogramme ? Que désigne vulgairement une régression linéaire simple ? Que signifient DSP et SSP et quels sont leurs rôles ? Pouvez-vous citer trois triggers différents ? Pouvez-vous citer trois façons de lier cookies et email ? Que désigne-t-on par first, second et third party data ?

Data Marketing Julien HirthSi vous avez répondu à ces quelques questions, bravo et le data marketing n’a pas de secret pour vous. A l’inverse, la lecture du livre Data Marketing d’où sont extraites ces questions est indispensable pour vous familiariser avec tous ces concepts, formules, outils et leurs applications pratiques.
Pour beaucoup, le data marketing peut sembler un pléonasme. Tout responsable marketing a fatalement sué aux cours de statistiques et s’est arraché les cheveux sur la théorie des graphes et autre coefficient de corrélation linéaire. La donnée et son analyse ont toujours été au cœur du métier marketing. Mais, comme le rappelle Dan Ariely, « Le big data, c’est comme le sexe chez les adolescents : tout le monde en parle, personne ne sait vraiment comment le faire, tout le monde pense que tout le monde le fait, donc tout le monde prétend le faire. »

La digitalisation de nos vies confronte le directeur marketing à une explosion des données, du Big Data au Huge Data, et à une extension sans fin de l’écosystème d’outils et de fournisseurs à sa disposition pour tenter d’atteindre son objectif ultime : comprendre le projet global du consommateur pour communiquer de manière pertinente vers lui à chaque point de contact.
Pour s’y retrouver dans cette double complexité de la sphère « martech » et utilisation de la donnée, « Le Data Marketing » de Julien Hirth deviendra vite votre livre de chevet (oui c’est du marketing prédictif empirique).
Pourquoi cette affirmation ?

Comprendre et mener un projet marketing data driven

Tout d’abord parce que Julien Hirth réalise le tour de force de faire comprendre l’articulation entre la donnée et son exploitation pour chaque secteur d’intervention du marketing, dont la très complexe application de la donnée au programmatique, ou encore au marketing prédictif.
Mieux, le fil rouge du livre, émaillé de cas pratiques, vous familiarise progressivement avec toute la terminologie employée dans le marketing digital. Disons-nous les choses, combien d’entre nous maîtrise réellement tous le vocabulaire – et applications — du marketing digital ; le circuit et multiples acteurs de la donnée, de sa collecte à son activation.
Une fois le livre refermé cela n’aura plus de secrets pour vous.

Cet exploit didactique tient beaucoupà sa capacité à démystifier des concepts complexes, mais aussi à la structure choisie par Julien Hirth dans la conception du livre. Le plan est classique et repose sur le cycle d’exploitation de la data :

  • Collecter et stocker
  • Extraire de l’information des données
  • Activer les données

Outre ces trois grandes parties, l’auteur propose dans son préambule une méthodologie pour mener un projet data en rappelant les limites et écueils de ce type de démarche. Il rappelle ainsi ces chiffres : 62 % des données en entreprise ne sont pas exploitées du fait de contraintes organisationnelles ou opérationnelles. 72 % des entreprises collectent des données qui ne leur servent pas. Inutile de revenir sur les causes de ces chiffres : données éparpillées, projets erratiques, guerre en la DSI et les CMO, silos…Les maux habituels de la transformation numérique en but à l’héritage culturel et organisationnel (le fameux legacy).A la méthodologie succède une « boîte à outils », ou plutôt une revue et explication des outils utiles au projet, Hadoop, SQL/NoSql, Mongo DB, le CRM onboarding ou 360, les fameuses DMP et comment ce joyeux fatras s’organise pour collecter et traiter utilement la donnée. Un inventaire appréciable avec l’évolution de la collecte désormais multicanal des données et la difficulté à les consolider dans un référentiel cohérent.

Comprendre la DMP – (source : Artefact)

Data : application pratique et marketing opérationnel

S’ensuit une large partie dédiée à l’analyse des données et son application opérationnelle au marketing. L’objectif explicite est de donner aux marketeurs un langage commun avec le fameux « data scientist », mais aussi une méthodologie pour commencer à exploiter la donnée à un premier niveau afin de segmentation et de comparaison multidimensionnelle. Un rappel utile pour valider ou non des hypothèses avant de passer à une analyse exploratoire pour lier les données et conclure sur le marketing prédictif.
Notons un chapitre utile consacré à la visualisation des données et le data-storytelling. Un petit rappel pour éviter les rapports et slides surchargées et sans grand intérêt informationnel et décisionnel.

Activer les données : programmatique et marketing automation

Cette dernière partie marque l’aboutissement de l’exploitation de la donnée à des fins opérationnelles. A commencer par la publicité programmatique, domaine abscons s’il en est. Pas longtemps. Avec de nombreux exemples et explications, Julien Hirth démontre comment une utilisation maîtrisée des données permet d’optimiser l’exposition, le coût et le ROI des campagnes en créant des arbres de décision à la volée. Parce que bien sûr tout cela se passe en temps quasi réel et que les campagnes sont de plus en plus personnalisées avec le nouvel entrant technique qu’est le DCO, (dynamic creative optimization). Mais tout cela est très bien expliqué et ne relèvera plus du mystère insondable.
Reste le marketing automation et marketing direct, deux activités elles aussi fondées sur la data avec la mesure des multiples variables usuelles : pression commerciale, déclencheurs, etc.

Le DCO permet de personnaliser les publicités selon le profil de l’internaute

 

Le chemin lumineux de la data

Ce livre tient ses promesses. Concis, précis, l’auteur mène le lecteur sur la route de la donnée sans prendre des chemins de traverse. Mieux, en proposant un autodiagnostic en début de partie et de courts résumés en fin de chaque chapitre, le lecteur peut mesurer ce qu’il sait et où il en est sur le sujet et mémorise facilement les concepts abordés. De nombreux liens et références permettent de creuser chacune des parties abordées.

Le sujet n’est pas simple, mais l’auteur est suffisamment didactique pour que chacun comprenne les enjeux et techniques mis en œuvre. Notons aussi les mises en garde de Julien Hirth sur les effets de bords, les pièges et les dérives possibles des projets. Autant de conseils issus de son expérience en tant que consultant auprès de nombreuses entreprises. A lire sans tarder.

@fabricefrossard

Ingénieur des Ponts et Chaussées,
Julien Hirth est le co-fondateur de Scibids Technology, solution technologique intégrant l’intelligence artificielle au cœur des stratégies d’achats publicitaires.

 

Blogs et réseaux sociaux : quand la taille compte

J’ai écrit récemment sur la longueur idéale d’un article pour les blogs en m’appuyant sur des études assez poussées. Aujourd’hui cette infographie synthétise les longueurs idéales de texte pour les différents réseaux sociaux, ainsi que pour un titre d’article et autres. A l’usage, je m’aperçois qu’il n’y a pas vraiment de lois,du moins pour susciter l’engagement de l’audience. Ainsi, Seth Godin fait des articles très courts, de l’ordre de 5 à 6 lignes et son blog est très lu. Sur Twitter, la longueur idéale est de 124 caractères, mais avec 1 hashtag et le lien positionné très rapidement.

N’oubliez jamais, que l’intérêt prime sur le nombre de caractère.De même si votre information n’est pas utile, divertissante ou drôle, il y a peu de chance qu’elle séduise votre audience.

In fine, je ne suis pas sûr que chacun s’attache réellement à compter le nombre de caractères au moment de poster… Dans le doute.

 

 

 

Quelle est la longueur idéale pour chaque réseau social