Après trois ans et demi de services, le destin de Google +  est donc d’être éparpillé comme une entreprise sous LBO et scindé en deux services et peut être trois:  Google’s photos et Streams , voir Hangout le vrai succès de cette plateforme. Un constat d’échec pour une plateforme dont l’ambition était de fédérer de multiples services sous une bannière unique et d’être le guichet unique de nos interactions digitales.

Avec moins de 1% des 540 millions d’utilisateurs inscrits réellement actif, la proposition de Google n’a pas rencontré l’adhésion des masses. Tout au plus, bon nombre d’utilisateurs se sont inscrits à des fins de visibilité et de référencement. On ne compte plus le nombre de professionnels, libéraux ou petites entreprises, dont une agence web a vendu une page G+, en général inactive après sa création, comme gage de visibilité. Pour pallier cette errance Google a vite rectifié le tir en proposant Google MyBusiness. Ce virement a posteriori était un signal faible de la fragmentation qui s’ajoutait a au premier : la fin du référencement de l’autorship en 2014.

A chaque service son utilisateur et inversement

Dont acte, le temps de l’éparpillement à sonné.  A termes, selon Sundar Pichai, SVP de Google cité par Forbes, “Nous allons nous concentrer sur trois secteurs plutôt qu’un seul, la photo, les communications et Google + Stream”.

Autrement dit ,Google se résout à imiter ses concurrents Facebook et Twitter, dont les utilisateurs sont plus actifs, et plutôt qu’un service intégré, laisse le choix du “best-of breed”. Et tout comme Facebook avec Instagramet autre What’s App, il  laissera la liberté à l’utilisateur de jongler avec ses services et de les utiliser indépendamment. Quitte à tuer sans pitié le service à la rentabilité trop faible, qu’elle soit monétaire ou en termes d’acquisition de données (souvenez-vous du traumatisme Google reader).

 

En aparté, pour les aficiones de G+, dont je fais partie, la question des flux d’informations, de partage et d’échanges seront-ils préservés en l’état. J’espère vraiment. A ce jour, l’ergonomie apporté dans la gestion des communautés (groupes) et la dynamique de certaines d’entre elles  restent un vrai levier à l’utilisation de G+. Rien de novateur, mais ce basique d’internet, le forum d’échange amélioré reste le cœur d’un réseau social.

 

Du mobile avant toute chose

Reste la gestion des identités. Sous couvert de fournir un identifiant unique pour accéder à ses services,
( ce qui est très pratique) l’objectif de Google à toujours été d’être le « single sign-on » du web. En fragmentant et multipliant ses services, Google démultiplie le potentiel d’acquisition de données personnelles et de personnalisation, désormais en priorité depuis le mobile. Un pré-requis pour monétiser plus avant sa place de marché d’applications dont le chiffre d’affaires est en retrait face à celui d’Apple, et ce même si les prévisions pour 2015 des 25,5 milliards de dollars de CA pour 2015 le feront passer devant pour la première fois, et bien entendu pour avoir plus de clients potentiels pour cliquer sur ses publicités.

Sur cc marché du mobile,l’annonce par  Google de sa volonté de devenir opérateur s’inscrit dans un continuum stratégique évident et s’annonce comme une redite de sa capacité à redistribuer les cartes, en l’espèce sur le plan technique si l’on suit les spéculations de wired, en précession, comme d’habitude d’une stratégie commerciale. En synthèse, nos interactions digitales ne se feront plus depuis Google +, mais depuis un mobile, contrôlé par Google.

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