Le monde change et le monde des RP tente de suivre ce changement. Le Syntec RP a récemment organisé une conférence autour de la notion d’influence et e-reputation dans les locaux d’Axa, intitulée “e-réputation : quand les relations publics sont aussi digitales”. Un prétexte pour le syndicat à traiter l’évolution du métier des RP/PR à l’aune du digital (oui, ce mot retrouve les faveurs du net après 10 ans d’absence).
Pour traiter de ces vastes sujets, le syntec a convoqué Vincent Ducrey (auteur du guide de l’influence), Henri Wallard, Directeur Général Délégué Ipsos, Hugues Le Bret, ci-devant dircom de la Société Générale au moment de l’affaire Kerviel et PDG de Boursorama,Thierry Libaert, Président du Laboratoire d’Analyse des Systèmes de Communication d’Organisation, le Lasco et Frédéric Bascunana collègue de TechtocTV dans le rôle du sniper. Je ne vais pas faire un compte-rendu, il vous suffit de regarder la conférence sur tehctoctv.

Mais je vous livre une réflexion rapide et à chaud issu de cette question : à parler de relations publiques, finalement comment se définit cette relation ? L’évolution de la relation avec les parties prenantes à l’aune du web et des réseaux sociaux pose cette question…sans réponse univoque. Dans un paysage atomisé allant des médias classiques au client final, en déclinant toutes les variations de sensibilité des récipiendaires du message des entreprises, peut-on trouver un type de relation au plus petit dénominateur commun ? Evidemment non. Toute la difficulté de l’exercice de communication se situe bien dans les différents interstices, techniques, lieux et objectifs de la communication.

L’exercice est d’autant plus complexe dans ce paysage impressionniste, fragmenté, que les canaux de communication ont estompé sinon fait disparaître les frontières entre interne et externe : tout acte de communication, toute information d’une entreprise, donc d’une marque, sera connue et diffusée d’une manière ou d’une autre. L’effet wikileaks et dans une moindre mesure transnationale.org se décline et tout un chacun peut relayer une information par tous les canaux possibles. Il n’y plus de vie privée des entreprises, mais une vie publique totale qui doit être intégré dans les réflexions liées à la communication, qu’elle soit interne ou externe. Sur ce plan, Hugues Le Bret a largement détaillé la gestion de crise au moment de l’affaire Kerviel avec une information dispensée en amont de la com externe à toutes les strates hiérarchique de la banque par effet cascade. Depuis la DG qui informe la strate N-1 qui refait descendre le message en N-2 jusqu’aux agences bancaires. Vécu comme un succès de gestion de crise (les clients ne se sont pas rués pour retirer leur argent et la SocGé n’a pas fait faillite), l’affaire Kerviel est donc devenu un cas d’école dans cette gestion de la com’ de crise et de communication tout court.

Cette réussite a priori ne doit pas masquer pour autant la difficulté des entreprises à intégrer cette notion de « vérité » donné comme le nouveau pré-requis pour réussir sa communication on et offline. Une notion abordée lors de cette conférence et qui tend à prendre le pas avec celle de « confiance », un pré-requis pour créer de l’interaction comme le démontrait un sondage mené par GFK. Autrement dit, pour court-circuiter tout effet wikileaks, bref pour contenir les fuites de tous ordres pouvant polluer un plan de com « 360° » ; rien ne vaudrait un discours vérace des entreprises. Vérace mais pas transparent rappelle lThierry Wellhoff, président du Syntec Conseil en relations publiques « tout n’est pas bon à dire et tout le monde ne peut pas tout comprendre ». Politiquement incorrect, mais sans doute un peu de vrai là-dedans.

Il sera intéressant de suivre dans les mois et années à venir le recours à la vérité et la confiance, le lien de la société” nous dit Locke, comme modus operandi pour créer du lien et de l’interaction entre entreprises/marques et parties prenantes via l’entregent des agences rp et pr. Il ne faut pas être dupe, la vérité est une construction de l’esprit, mais ce point d’inflexion auquel nous assistons dans les mentalités et dans les techniques de communications modifiera ou devrait redéfinir la gouvernance au sein des entreprises. Un effet collatéral de l’explosion des frontières et des murs de l’entreprise.

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